Jouer…? C’est une activité que j’ai découverte tardivement.
Dans ma famille (…enfin, les deux personnes qui la composaient naguère…), cela n’allait pas de soi.
Je n’ai pas souvenir d’avoir joué avec mes parents hormis à de rares parties de …pétanque en lisière de forêt ! Je ne souviens que ça durait un quart d’heure et puis, soudain, nous rentrions sous n’importe quel prétexte. Je me souviens également que ma génitrice passait ses fins de week-end à réaliser des réussites en solitaire avant de me reconduire le dimanche soir en pension…
Heureusement, ma moitié et nos deux rejetons sont joueurs ; l’aîné et sa compagne sont redoutables !
L’an passé, ils nous avaient rejoint une dizaine de jours à Perugia avec quelques chouettes jeux de plateaux dans leurs bagages.
Résultat, nous avons passé quasiment toutes nos soirées autour de la table de cuisine de la location à jouer !
C’est certainement à ce moment là que j’ai commencé à m’ouvrir nettement à cet univers ludique. Plus précisément à leur retour en Europe quand ils se sont installés à Belle-Île en mer début juin. Nous avons démarré un cycle de parties acharnées autour de quelques jeux de cartes et de plateaux dont… Carcassonne.
Pas de Bridge ou de parties d’échecs…?
L’intérêt de ces jeux est que l’on s’adapte au nombre de participants et que cela devient un réel moment de convivialité et de déconnade…
Seul effet secondaire, une possible addiction…!
Ainsi, depuis notre retour en septembre à Aix-en-Provence pour assister notre fille dans sa neuvième année d’université (…cette année, c’est grec moderne), on se retrouve l’après-midi à jouer.
Béatrice a acquis deux packs supplémentaires pour Carcassonne (une rivière et celui qui contient des ponts). Résultat, nous avons doublé le nombre de tuiles et les possibilités…
Et comme nous jouons régulièrement l’un contre l’autre, pas question de perdre un meeple pour assurer le déplacement des points gagnés sur le plateau des scores : nous en empruntons chacun un meeple d’une couleur différente pour représenter notre petite troupe et la dernière série (cinq sets de meeples) nous permet de comptabiliser le nombre de tours réalisés…

Bref, en modulant à notre sauce le jeu imaginé par Klaus-Jürgen Wrede, cela nous permet de jouer deux longues parties à la suite.
Je me fais régulièrement battre même si ça s’équilibre peu à peu avec l’expérience…!
Le plus dans notre assemblage est la gestion des ponts qui permet subtilement aux meeples paysans de se rendre maîtres d’un territoire et des villes. Et la stratégie en ce cas est de supplanter par le nombre l’adversaire…! Bien entendu, l’idée est toujours de construire le maximum de villes, exploiter des abbayes et, essentiellement, d’avoir un peu plus de chance lorsque l’on tire une tuile…

À la fin, cela donne lieu à des tentatives risquées …parfois couronnées de succès…!
Bref, pour nous catégorisés comme inactifs, une manière de continuer à faire fonctionner nos derniers neurones…
Il y a quelques jours, un sujet sur Inter était consacré aux personnes âgées et à leur dépendance aux écrans…
Ce n’est pas la première fois que je lis (ou entends…) des affirmations étonnantes à notre propos…!
J’écris notre propos car j’ai 70 ans passés dont plus de 40 ans devant un écran (…professionnellement mais pas que…).
Décrypter les sous-entendus à propos de la classe d’âge dont je fais désormais partie est amusant…! Je me souviens — avec du recul — de ma propre perception des personnes âgées quand j’étais jeune…! Et constate que les préjugés n’ont évolué ! Pour l’heure, je suis un spectateur privilégié entre les deux rives même si j’ai nettement dépassé le point de bascule !
Poursuivons…
[…] citation […] Selon une étude Ifop parue cette année, 40% des Français de 65 ans et plus se disent dépendants à leur smartphone. Et pour 32% des personnes interrogées dans cette classe d’âge, l’usage quotidien de leur téléphone connecté est source de tension dans leur foyer …
Là, à la lecture de la potentielle source de tension, je cherche encore…!? Toute ma tribu dispose d’un écran individuel et nous savons le mettre en mode silencieux quand nous sommes ensemble…!
[…] citation […] On parle souvent de l’addiction des « jeunes » aux écrans… on parle moins de celle des + de 65 ans. Sur le plateau de C à Vous, Fabrice Luchini – 73 ans – dit être accro à TikTok. Est-il le reflet d’une nouvelle génération de seniors « piquouzés » au smartphone et à la tablette ?
Oui, disent les études, qui démontrent que le temps d’écran des retraités explose ces dernières années. À quelques semaines des fêtes de fin d’année, préparez-vous : ce n’est plus la petite nièce qui passe trop de temps sur TikTok à table, désormais… c’est papy !
Tsssss…! Que Luchini — personnage fort médiatique — passe son temps sur TikTok est son problème.
Merci de ne pas en faire une généralité !
Et, accessoirement, prendre le temps d’interroger les autres, comprendre : ceux qui ne passent pas à la télévision ou à la radio…!
De plus, quelle hypocrisie…!
Qui a incité les gens à se ruer sur les réseaux sociaux parce que c’était tendance…?! Sinon nous (alias les vieux) étions dépassés…

- Aix-en-Provence | novembre 2024
1000 personnes âgées, 1000 usages…!
Sur Mastodon, j’ai posté ceci (mes pouëts ont une durée d’affichage de sept jours) :
« Certes mais j’ajouterais que de plus en plus de services locaux disparaissent et nombre de démarches ou d’infos transitent par le net.
Donc déplacement logique des usages sans oublier un autre facteur (sic !), la disparition des téléphones traditionnels qui clouent les personnes chez elles alors que l’usage d’un smartphone leur permet de ne plus attendre un coup de fil.
Or, un smartphone embarque tout une série de fonctionnalités, du lecteur de RSS à Mastodon en passant par les échanges de SMS et l’appareil photo.
Ce qui m’a surpris, c’est d’avoir deux retours (…toujours sur Mastodon)…
Je me suis déjà étendu ici sur l’usage du iPhone qui est le seul écran à m’accompagner 24/24 hormis sous la douche.
Ma propre consommation d’écran est particulièrement élevée dans la mesure ou je lis, écoute la radio, photographie et consulte messages et mails sur grand écran qui se glisse dans la poche de mon jean.
Je reviens à nouveau sur la mobilité qui me semble être le point essentiel avec le tout en un du smartphone…!
Le matin, mon premier geste est de …regarder l’heure sur l’écran de mon iPhone puis, toujours en sa compagnie, d’aller soulager ma vessie puis préparer le café à l’attention de la tribu. Déjeuner ensuite en écoutant la radio et/ou en lisant les pouëts sous Mastodon, mes fils RSS dans News Explorer.
Je ne vais pas détailler le reste de la journée mais, tant pour vérifier qu’un bus est en approche pour le prendre que localiser ma fille pour la rejoindre, relire ma liste de courses, cocher les tâches à réaliser, extirper ma carte de fidélité dans tel commerce ou régler mes achats, préparer mon retour sur #BelleÎleLand, me guider dans le réseau routier pour rejoindre un parking à Avignon, retourner (encore !) ma tribu non loin du palais des papes, localiser le petit restaurant où nous souhaitions déjeuner, en trouver un autre car le précédent est en travaux, photographier la ville, répondre à des messages … tout se déroule depuis l’écran de mon iPhone.
Detox ou fumisterie…
Inutile d’avouer que je suis à mille lieux de cet article : Digital detox : les 4 choses à faire pour réussir à lâcher votre smartphone et réduire votre stress | GQ France
[…] citation […] Le véritable enjeu de la digital detox est de redéfinir notre relation avec la technologie. Comme l’a démontré Lena Situations, vivre sans écran ne signifie pas renoncer au progrès, mais réapprendre à s’épanouir autrement. Cette démarche nous invite à ralentir, à savourer l’instant présent et à valoriser les connexions humaines.
Bullshitt.
Se souvenir que ces propos proviennent d’un influenceur dont le job est de maintenir l’attention de son public…
Je ne savais pas qu’il semble impossible de s’épanouir avec un smartphone…!
Je considère les écrans comme des outils (et non comme des doudous comme j’ai pu le lire…) et, à ce titre, je les trimballe tout en en prenant soin… Ma bibliothèque a basculée en numérique, nous ne recevons plus de magazines ni de journaux papier, très rarement une lettre ou une carte postale.
Outils pratiques car au lieu de charger nos sacs à dos, il me suffit d’y glisser ces maudits écrans à tout faire…!!
Bref, cessons de laisser des influenceurs et rédacteurs de quotidiennes nous bourrer le mou sur ce qui serait bien/tendance ou pas…
Enfin, c’est oublier que les vieux ont été …djeuns et que même avec leurs gueules fripées, ridées, ils n’en restent pas moins des rebelles…!! Qu’avec les quelques neurones qui leur restent, ils se démerdent sans avoir besoin d’un coach hors sol, d’un gourou pontifiant pour leur expliquer la vie…
Note de fin : profitons-en, cela risque de ne pas durer nous dit-on… lire cet autre lien…
[…] citation […] « Faute de choisir, et vite, entre les véhicules électriques, les vidéos en streaming, les commandes sur Amazon, le pilotage des infrastructures et Alexa, il faudra un jour renoncer à tout ça ». Après le constat, vient l’alerte. Dans son dernier essai Être heureux avec moins, publié en mai dernier aux éditions La Martinière, la militante écosocialiste Corinne Morel Darleux sonne le glas de nos usages numériques, dévoreurs de terres et de temps, devenus incompatibles avec une sobriété qui, pour l’autrice, est synonyme de bonheur.
Je ne rebondis pas sur la dernière phrase, chacun son mantra. En revanche, il nous semble clair qu’il va être indispensable de moduler nos usages et nos propres enfants en sont conscients…
Éviter la multiplication d’écrans inutiles, retrouver l’usage des disques de stockage au lieu de faire appel au cloud (!), faire durer nos précieux outils et, accessoirement, les recharger sur des stations autonomes…
C’est la vie des îliens habitués à vivre temporairement coupés du continent à la suite d’une tempête…
Avant — il y a encore quelques années — je pensais n’avoir aucune légitimité quand j’exprimais un avis.
Complexe du gars qui a un parcours scolaire à trous, a oublié les deux langues qu’il parlait gamin, a de moins en moins de mémoire et peu cultivé ses réseaux.
Autre écueil : une profonde capacité à ne PAS me prendre au sérieux.
Voire à me saborder dans certaines situations tant ces dernières me semblaient comiques ou incongrues !
Et puis… à quoi bon ?!
Après le dernier chargement de moteur de ce blog, j’ai relu quelques billets (…il fallait bien les retaper a minima pour choisir entre BBCode, HTML ou markdown…). Et, surprise, je n’ai pas remarqué que tout était à jeter comme à mon habitude.
Ici mon objectivité est proche de zéro mais ces/mes billets n’en demeurent pas moins des marqueurs temporels pour ma pomme, tels les petits cailloux…
Petit poucet…
Depuis, j’ai intériorisé l’idée que j’avais peut-être quelques trucs à dire pour deux raisons :
- je suis vieux (ok, ce n’est pas suffisant…!)…
- j’ai été un microscopique témoin de cette révolution numérique…
Alors, oui : je peux certes raconter des conneries, être imprécis, partial.
Mais j’y étais !
Depuis, je me sens plus légitime à évoquer notre parcours (…le mien est indissociable à celui de ma compagne) et de nos aventures depuis 50 ans.
Ainsi, si le dernier clip d’Apple semble maladroit (tous les outils se retrouvent dans un iPad…), il n’est pas erroné !
Cette concentration au sein d’un simple iPad peu éloignée de mon quotidien et de celui de ma tribu.
Bref, l’espèce d’omerta que je m’imposais se fissure.
Je vais la ramener ! Ou pas…!

- Avignon | octobre 2023 | allégorie (d’aucuns …de leur lit ou d’une caverne…)